Pour Vit comme pour l’écrasante majorité des Cambodgiens, le travail à la rizière constitue un part importante des activités. Le 12 novembre 2006, Nhep Vit avançait donc à petits pas, pieds nus dans la vase, travaillant en compagnie de ses frères et sœurs. Mais le jeune homme de 24 ans ne sent pas très bien. J’avais un peu mal au ventre et je ne me suis donc écarté pour prendre une pause à l’ombre. C’est à ce moment que j’ai trouvé un objet en métal, un déchet de la guerre. J’étais curieux, et je l’ai donc ramené à la maison.
La maman de Vit s’est inquiétée en voyant revenir son fils. Cet objet, c’était un mortier, et qui sait si ce n’était pas dangereux ? Elle lui a donc demandé de ne pas y toucher. C’est sûr, j’aurais dû l’écouter… Mais en même temps, je me disais que ce serait dommage de l’avoir ramené pour rien. Mieux valait le vendre au passage du collecteur, et gagner ainsi un peu d’argent pour la famille !

Récupérer le métal au Laos, c’est la possibilité de grappiller quelques dollars nécessaires à la survie de la famille. Mais là-bas, ce métal, la population le trouve généralement sur les engins de guerre non explosés (UXO) qui infestent le pays depuis la fin de la guerre du Vietnam au début des années 70.

Alua Noy porte bien ses 58 ans, malgré une prothèse à sa jambe gauche qui prouve que la vie ne lui a pas fait de cadeau. Ce fermier habite une solide maison sur pilotis un peu à l’écart du centre du village d’Asingsinli, dans le district de Xepone.
« Cette maison, je l’ai construite avec [...]

« Ces terres m’appartiennent. Mais pour les cultiver, il faudrait défricher. Or, l’endroit est dangereux, truffé de sous-munitions. Plusieurs accidents ont déjà eu lieu dans le passé et tout le monde ici mesure ce danger. Ceci dit, je dois nourrir ma famille et pour cela, j’ai besoin de ces terres. L’an passé, à la fin juillet 2007, je me suis donc décidé à en défricher une parcelle… »

Khtoeup Veb allait couper du bambou pour le vendre. C’était en 1979. Accompagné par quatre amis, il se trouvait à quelques kilomètres de son village, Kouk Thmey, lorsque le drame s’est produit : il a marché sur une mine. Porté jusqu’à l’hôpital par ses amis, il a eu la vie sauve, mais a perdu sa jambe gauche.

Jusqu’en 1997, Veb utilisait des béquilles qu’il avait fabriquées lui-même. Mais il était alors impossible pour lui de travailler correctement. Une situation qui a changé radicalement lorsqu’il a pour la première fois reçu une prothèse, au centre de revalidation physique de Siem Reap.