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	<pubDate>Wed, 28 Jul 2010 10:38:25 +0000</pubDate>
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		<title>Interview : &#8220;Faire face aux UXO&#8221;</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Apr 2009 09:27:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Le staff de Handicap International témoigne]]></category>

		<category><![CDATA[Cambodge]]></category>

		<category><![CDATA[mine]]></category>

		<category><![CDATA[sous-munition]]></category>

		<category><![CDATA[UXO]]></category>

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		<description><![CDATA[


 


Jean-François Michel a 40 ans. Ingénieur agronome de formation, ce Montois d’origine vit au Cambodge depuis cinq ans. Il est coordinateur des opérations menées par Handicap International au Cambodge.
Dans l&#8217;interview ci-dessous, Jean-François offre un aperçu global de la problématique des engins non explosés au Cambodge. Il explique aussi les solutions mises en place pour [...]]]></description>
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<p class="MsoNormal"><img src="file:///C:/DOCUME~1/damienk/LOCALS~1/Temp/moz-screenshot-6.jpg" alt="" /></p>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 221px"><img title="Jean-François Michel" src="http://www.handicapinternational.be/photo/1178253-1522346.jpg?v=1231838764" alt="Jean-François Michel" width="211" height="192" /><p class="wp-caption-text">Jean-François Michel</p></div>
<p class="MsoNormal"><!--[if !mso]><br />
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<p class="MsoNormal" style="line-height: normal;"><strong></strong></p>
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<p style="line-height: normal;">Dans l&#8217;interview ci-dessous, Jean-François offre un aperçu global de la problématique des engins non explosés au Cambodge. Il explique aussi les solutions mises en place pour endiguer le dangereux commerce des métaux issus de ces engins.</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: x-small; font-family: Arial;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;"> </span></span></p>
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		<title>La solitude d’Aneth</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Apr 2009 09:42:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Laos: Les rescapés témoignent]]></category>

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		<description><![CDATA[
Au Laos, même le geste le plus banal de la vie quotidienne peut devenir dangereux. Un jeune garçon, Aneth, l&#8217;a malheureusement appris à ses dépens. Il est devenu aveugle et a perdu un bras après une explosion, alors qu&#8217;il travaillait au jardin. Aneth avait 8 ans lors de l&#8217;accident.

Keongne, le village d&#8217;Aneth se situe à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://www.fatalfootprint.be/nl/wp-content/gallery/aneth/aneth_01_0.jpg" alt="" width="442" height="320" /></p>
<p>Au Laos, même le geste le plus banal de la vie quotidienne peut devenir dangereux. Un jeune garçon, Aneth, l&#8217;a malheureusement appris à ses dépens. Il est devenu aveugle et a perdu un bras après une explosion, alors qu&#8217;il travaillait au jardin. Aneth avait 8 ans lors de l&#8217;accident.</p>
<p><span id="more-1098"></span></p>
<p>Keongne, le village d&#8217;Aneth se situe à une trentaine de kilomètres de Villabuly. La route pour y arriver est relativement bonne: la compagnie minière qui exploite les gisements d’or et de cuivre dans la région a rénové les routes pour effectuer de la prospection. Le chemin n&#8217;est pas asphalté, mais les voitures et même les camions qui passent par là ne doivent pas slalomer entre les ornières. Il faut pourtant rouler prudemment aux abords des villages, les buffles, les chèvres ou la volaille considèrent la route comme leur domaine et contemplent votre voiture d&#8217;un air dédaigneux avant de céder le passage d&#8217;un air offusqué.</p>
<p>Keongne se niche dans un paysage de carte postale, les montagnes couvertes de forêts se dessinent au loin. C&#8217;est la fin de la journée, tout le monde a fini de travailler. Certains discutent au bas de leur maison, des femmes se dirigent avec les enfants vers le point d&#8217;eau à proximité pour les ablutions du soir. Au milieu de cette quiétude, un enfant seul à la fenêtre de sa maison. C&#8217;est Aneth.</p>
<p>Le père s&#8217;approche tandis que la maman aide l’enfant pour descendre l’échelle de sa maison et  l’installer sur une souche d’arbre à proximité. Pendant toute l&#8217;opération, le jeune garçon ne souffle mot. Son visage montre une immense tristesse et à aucun moment un sourire ne vient illuminer son visage, même quelques secondes. Il tient ses yeux fermés et cache son bras gauche dans son T-shirt.</p>
<p>Sonthai, son père, a une trentaine d&#8217;année. Avec Songlai, son épouse, ils ont eu sept enfants. L&#8217;accident s&#8217;est passé en décembre 2005, chez l&#8217;oncle d&#8217;Aneth, dans la province voisine de Khammouane. Le petit garçon avait 8 ans à l&#8217;époque. Il en a 11 aujourd&#8217;hui.</p>
<p>« <em>Je travaillais dans le jardin de mon oncle, je creusais des trous pour l’aider à planter des légumes. J’ai touché quelque chose tout d’un coup et après, je ne sais pas ce qui s’est passé. Quand je me suis réveillé, j’étais à l’hôpital à Savannakhet. Je n&#8217;ai même pas vu ce que j&#8217;ai touché. Je l&#8217;ai frappé avec mon outil et&#8230; c&#8217;est arrivé </em>».</p>
<p>On emmène l&#8217;enfant inconscient d&#8217;abord au centre de santé avant de l&#8217;évacuer à l&#8217;hôpital provincial de Savannakhet. L&#8217;explosion lui a coûté la vue et les médecins ont dû l&#8217;amputer du bras gauche. Le réveil est difficile: « <em>Quand je me suis réveillé dans le noir, j’ai eu très peur. J&#8217;ai ouvert les yeux, j’ai essayé de regarder où j&#8217;étais, mais je ne pouvais plus rien voir. J’étais très choqué»</em>.<br />
<img class="aligncenter" src="http://www.fatalfootprint.be/nl/wp-content/gallery/aneth/aneth_01_0.jpg" alt="" width="552" height="400" /><br />
Aneth restera à l&#8217;hôpital une quinzaine de jours avant de rentrer chez lui. Mais la vie ne sera jamais plus comme avant. Son papa explique: «Il reste à la maison. Avec les autres membres de la famille, je prends soin de lui, pour le laver l&#8217;habiller, lui donner à manger ».</p>
<p>Mais les parents, pleins de bonne volonté pourtant, ne savent pas très bien que faire pour aider ce fils qui reste assis dans la maison à longueur de journées. Et Aneth s&#8217;enfonce chaque jour davantage dans la solitude: «<em> Je reste à la maison avec ma famille. Mes frères et mes sœurs me laissent tout seul. Je me sens honteux, parce que maintenant, je ne peux plus vivre comme les autres enfants de mon âge. Je n’ai plus d’amis. </em>»</p>
<p>Désemparé, l&#8217;enfant aveugle ne sait pas comment meubler ses journées. « Je ne sais pas bien ce que je pourrais faire pour m’occuper, vu que je suis aveugle. Je ne sais pas si je suis capable de faire quelque chose pour me débrouiller seul ». Et personne ne paraît convaincu qu&#8217;Aneth puisse un jour surmonter son handicap. Alors que déjà un bâton pourrait lui permettre de se promener sans assistance dans le village, que de simples conseils aideraient ses parents à mieux prendre en charge leur fils.</p>
<p>Mais cette triste histoire montre surtout que trente ans après la guerre, un enfant peut encore être victime d&#8217;une bombe, simplement en aidant son oncle au jardin. Elle montre aussi l&#8217;ampleur du travail qui reste à réaliser au Laos, simplement pour que les zones habitées soient débarrassées de la menace que font peser les bombes et autres engins de guerre non explosés lâchés sur le pays. Les experts pensent que dix ans environ seront nécessaires pour y parvenir. Oui, Handicap International pourra apprendre à  Aneth à se débrouiller seul, malgré ses yeux aveugles et son bras perdu. Mais il est essentiel d&#8217;agir en amont pour éviter que d&#8217;autres petits garçons souffrent simplement pour avoir, un jour, aidé un parent dans le jardin.</p>
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		<title>Un jour dans la vie de Didier</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Mar 2009 14:17:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Colombie: Les rescapés témoignent]]></category>

		<category><![CDATA[Colombie]]></category>

		<category><![CDATA[explosion]]></category>

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Didier avait 7 ans et se baladait à vélo dans son quartier de Medellin lorsqu&#8217;une explosion lui a fait perdre définitivement l&#8217;usage de son œil et son avant-bras.
Cliquer sur les photos pour les agrandir et lire les légendes

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<p style="text-align: center;"><a class="thickbox" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/didierfoto/didier_01_02_2009.jpg" ><img class="ngg-singlepic ngg-center aligncenter" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/didierfoto/didier_01_02_2009.jpg" alt="didier_01_02_2009.jpg" /></a></p>
<p>Didier avait 7 ans et se baladait à vélo dans son quartier de Medellin lorsqu&#8217;une explosion lui a fait perdre définitivement l&#8217;usage de son œil et son avant-bras.</p>
<p><span style="color: #993300;"><strong>Cliquer sur les photos pour les agrandir et lire les légendes<br />
</strong></span></p><div class="ngg-galleryoverview" id="ngg-gallery-39"><div id="ngg-image-307" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
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	<a id="thumb307" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/didier/didier_02_02_2009.jpg"  title="Aujourd’hui, Didier a 20 ans. Il vit avec ses parents et sa petite sœur dans un autre quartier de la ville, dans lequel la violence due à la présence de gangs et de paramilitaires est moins présente." class="thickbox" rel="didier" ><img title="didier_02_02_2009.jpg" alt="didier_02_02_2009.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/didier/thumbs/thumbs_didier_02_02_2009.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
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	<a id="thumb308" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/didier/didier_03_02_2009.jpg"  title="Didier travaille dans une petite entreprise de fabrication de chaussures. Il est payé en fonction de sa production, mais selon le patron : « son travail est aussi rapide que celui de tous les autres qui travaillent avec leurs deux bras »." class="thickbox" rel="didier" ><img title="didier_03_02_2009.jpg" alt="didier_03_02_2009.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/didier/thumbs/thumbs_didier_03_02_2009.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
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	<a id="thumb313" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/didier/didier_04_02_2009.jpg"  title="Ce travail lui permet de participer aux revenus de la famille. En plus de son travail, Didier est en train d’apprendre l’anglais. Son prochain projet : apprendre le mandarin !" class="thickbox" rel="didier" ><img title="didier_04_02_2009.jpg" alt="didier_04_02_2009.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/didier/thumbs/thumbs_didier_04_02_2009.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
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	<a id="thumb310" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/didier/didier_05_02_2009.jpg"  title="Grâce à Handicap International, il a reçu une nouvelle prothèse oculaire sur mesure qui lui permet de recomposer son visage. Aujourd’hui, il sait qu’il va recevoir également une prothèse pour son bras. Les mesures pour la fabrication de la prothèse ont d’ailleurs déjà été prises." class="thickbox" rel="didier" ><img title="didier_05_02_2009.jpg" alt="didier_05_02_2009.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/didier/thumbs/thumbs_didier_05_02_2009.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
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	<a id="thumb311" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/didier/didier_06_02_2009.jpg"  title="Il reçoit maintenant des entraînements avec une kinésithérapeute de Handicap International, spécialiste en thérapie occupationnelle de la main et du bras. Il a en effet besoin d’un renforcement musculaire de son moignon.  D’ici peu, il pourra retrouver l’usage de son bras droit. " class="thickbox" rel="didier" ><img title="didier_06_02_2009.jpg" alt="didier_06_02_2009.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/didier/thumbs/thumbs_didier_06_02_2009.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
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		<title>Elkin Alonso Acevedo, blessé au plus profond de lui-même.</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Feb 2009 13:34:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Colombie: Les rescapés témoignent]]></category>

		<category><![CDATA[Colombie]]></category>

		<category><![CDATA[Gael Turine]]></category>

		<category><![CDATA[kinésithérapie]]></category>

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		<description><![CDATA[
Elkin a 17 ans. Agriculteur comme son père et son grand-père avant lui, il travaille sur une parcelle qui appartient à sa famille dans la région de Remedios. Cette journée du 23 mai 2005 n’a rien de spécial. Elkin s’occupe de la terre, comme tous les jours. Mais en quelques secondes, tout bascule…
Il a activé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 550px"><a href="http://www.fatalfootprint.be/nl/wp-content/uploads/2009/02/elkin1_02_2009.jpg" ><img src="http://www.fatalfootprint.be/nl/wp-content/uploads/2009/02/elkin1_02_2009.jpg" alt="" width="540" height="360" /></a><p class="wp-caption-text">Gaël Turine, Colombie 2008</p></div>
<p><span style="color: #993300;">Elkin </span>a 17 ans. Agriculteur comme son père et son grand-père avant lui, il travaille sur une parcelle qui appartient à sa famille dans la région de Remedios. Cette journée du 23 mai 2005 n’a rien de spécial. <span style="color: #993300;">Elkin</span> s’occupe de la terre, comme tous les jours. Mais en quelques secondes, tout bascule…</p>
<p>Il a activé une mine antipersonnel en posant son pied dessus. L’explosion est immédiate et particulièrement forte, les 2 jambes du jeune homme sont gravement touchées. Sa famille qui se trouve, à proximité, le trouve et l’emmène directement à l&#8217;hôpital. L’accident cause un énorme traumatisme dans la vie d’Elkin. Physiquement, son âge est un atout. Il reçoit des prothèses et s’y adapte rapidement. Cependant, émotionnellement, il n’arrive pas à se remettre de l’accident. Il est en effet très jeune, il avait la vie devant lui et voilà qu’en un coup, le fil de sa vie tranquille et heureuse est rompu. Il faut dire aussi que depuis qu’il est sorti de l’hôpital, il vit seul à Medellin. Ses parents ont dû retourner travailler à Remedios et Elkin doit rester en ville pour les soins. Il ne retournera jamais dans son village et n’a que des contacts téléphoniques avec sa famille qui n’a pas les moyens de venir le voir souvent. Elkin se retrouve seul, perdu dans une grande ville qu’il ne connaît pas.<br />
<span id="more-1008"></span>Elkin ne parle donc presque pas, il reste la plupart du temps sans réaction, le regard dans le vide. Il a clairement besoin d’un soutien important. Pendant des mois, les psychologues de <strong>Handicap International</strong> vont lui rendre visite et le faire parler. Il faut en effet absolument lui redonner confiance en lui afin qu’il puisse exprimer ouvertement les émotions qu’il garde pour lui depuis l’accident.</p>
<p>Aujourd’hui, les résultats sont incroyables. Elkin a réappris à s’exprimer et à partager ses émotions. Il est plus tranquille et on peut même observer de temps en temps certains sourires furtifs. La preuve irréfutable qu’il va mieux ? Il a maintenant une petite amie à Medellin. Il vit avec elle et sa famille. Après de longs mois, il accepte enfin ce qui lui est arrivé. Il reconstruit un projet de vie, avec l&#8217;aboutissement de ses études secondaires puis le lancement de son activité professionnelle. Il a en effet pu s’acheter un camion et travaille dans le transport, ce qui lui permet de subvenir à ses besoins. En outre, depuis peu il fait partie d’un groupe de personnes handicapées qui participe à des activités de plein air grâce au projet Metroplus, géré par <strong>Handicap International</strong>. Le soleil est enfin réapparu dans la vie de ce jeune homme.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 550px"><img src="http://www.fatalfootprint.be/nl/wp-content/uploads/2009/02/elkin2_02_2009.jpg" alt="" width="540" height="360" /><p class="wp-caption-text">Gaël Turine, Colombie 2008</p></div>
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		<title>Ty Pisith : « Combien de vies sauvées ? »</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Feb 2009 10:27:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cambodge: Les rescapés témoignent]]></category>

		<category><![CDATA[débombage]]></category>

		<category><![CDATA[enfant]]></category>

		<category><![CDATA[explosion]]></category>

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La clé dans le domaine des engins non explosés, c&#8217;est l&#8217;information. Cette phrase, qui peut paraître surprenante, est le leitmotiv des collecteurs de données du CMVIS[1]. Sans relâche, ils quadrillent les grandes étendues cambodgiennes afin de rencontrer les rescapés de nouveaux accidents de mines et d&#8217;engins non explosés.

Ty Pisith est la personne qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption alignnone" style="width: 505px"><a class="thickbox" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/pitisch/pitch_01.jpg" ><img class="ngg-singlepic ngg-none" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/pitisch/pitch_01.jpg" alt="Pisith découvre la bombe qui a récemment blessé un jeune homme. © John Vink / Magnum" width="495" height="330" /></a><p class="wp-caption-text">Pisith découvre la bombe qui a récemment blessé un jeune homme. © John Vink / Magnum</p></div>
<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0         false   false   false                                 MicrosoftInternetExplorer4 </xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> </xml><![endif]--><!--  --><!--[if gte mso 10]> <mce:style><!   /* Style Definitions */  table.MsoNormalTable 	{mso-style-name:"Table Normal"; 	mso-tstyle-rowband-size:0; 	mso-tstyle-colband-size:0; 	mso-style-noshow:yes; 	mso-style-parent:""; 	mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; 	mso-para-margin:0cm; 	mso-para-margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman"; 	mso-fareast-font-family:"Times New Roman"; 	mso-ansi-language:#0400; 	mso-fareast-language:#0400; 	mso-bidi-language:#0400;} --> <!--[endif]--></p>
<p><em> </em></p>
<p style="text-align: left;">La clé dans le domaine des engins non explosés, c&#8217;est l&#8217;information. Cette phrase, qui peut paraître surprenante, est le leitmotiv des collecteurs de données du CMVIS<a name="_ftnref1" href="#_ftn1">[1]</a>. Sans relâche, ils quadrillent les grandes étendues cambodgiennes afin de rencontrer les rescapés de nouveaux accidents de mines et d&#8217;engins non explosés.</p>
<p><span id="more-992"></span></p>
<p><span style="color: #993300;"><strong>Ty Pisith</strong></span> est la personne qui collecte l&#8217;information sur les accidents de mines et engins non explosés pour la province de Pailin et un district de Battambang. C&#8217;est la région du pays qui a la plus haute densité d&#8217;accidents par rapport au nombre d&#8217;habitants : 65 pour 100.000 en 2007. Dans la région, très boisée jusqu&#8217;il y a peu, des champs de maïs ou de manioc occupent désormais l&#8217;essentiel du paysage, la population gagnant du terrain en brûlant régulièrement des parcelles supplémentaires sur les forêts.</p>
<p>Pisith est la seule femme que compte l&#8217;équipe de 17 collecteurs d&#8217;informations du CMVIS. Ce petit bout de femme cache une fonceuse dont le sourire éclatant tranche sur une peau très foncée. Son métier, elle le résume en quelques phrases. <em>Ma fonction est de collecter toutes les données relatives à des accidents de mines ou engins de guerre non explosés dans la région. Pour cela, <span style="color: #993300;"><strong>j</strong><strong>e rencontre les victimes de mines et leur entourage</strong></span>. Ces informations serviront à permettre le travail de déminage et la prévention de nouveaux accidents.</em></p>
<p>Pour l&#8217;heure, Pisith se rend dans le petit village de Sou Ampeuh, à une quinzaine de kilomètres de la Thaïlande, où un accident a récemment impliqué trois enfants. C&#8217;était le 5 août. Phissey, une petite fille de 5 ans, était occupée à jouer derrière la maison en compagnie de Samy, son voisin de 6 ans. La maison est petite, en bambou, et à quelques mètres de là, une petite cabane a été récemment construite, qui sert d&#8217;abri pour les poules. Courant autour de l&#8217;abri, Phissey s&#8217;est soudain arrêtée en découvrant un <strong><span style="color: #993300;">objet bizarre</span></strong>. <em>C&#8217;était un petit objet en métal. C&#8217;était amusant car quand je le secouais, il faisait du bruit. Je me suis demandé ce qu&#8217;il y avait dedans et on a donc voulu l&#8217;ouvrir&#8230; mais avec Samy, on n&#8217;y est pas arrivés. On a donc demandé de l&#8217;aide à son frère Rothma, qui est grand et qui a un couteau.</em></p>
<p>Installées dehors, à l&#8217;ombre bienfaisante d&#8217;un arbre, Pisith, Phissey et sa maman continuent leur discussion qui durera une petite demi-heure. La main enroulée dans un gros bandage blanc, Phissey est un peu intimidée mais poursuit son récit, encouragée par sa maman.</p>
<p><strong><span style="color: #993300;">Cliquer sur les tumbnails pour les agrandir</span></strong></p><div class="ngg-galleryoverview" id="ngg-gallery-37"><div id="ngg-image-273" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
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	<a id="thumb273" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/pitisch/pitch_03.jpg"  title="" class="thickbox" rel="pitisch" ><img title="pitch_03.jpg" alt="pitch_03.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/pitisch/thumbs/thumbs_pitch_03.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
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	<a id="thumb274" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/pitisch/pitch_02.jpg"  title="" class="thickbox" rel="pitisch" ><img title="pitch_02.jpg" alt="pitch_02.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/pitisch/thumbs/thumbs_pitch_02.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
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	<a id="thumb275" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/pitisch/pitch_01.jpg"  title="" class="thickbox" rel="pitisch" ><img title="pitch_01.jpg" alt="pitch_01.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/pitisch/thumbs/thumbs_pitch_01.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
</div>
</div>
</div>
<div class='ngg-clear'></div>
<p><em>Rothma a pris son couteau et il l&#8217;a glissé dans l&#8217;engin. <strong><span style="color: #993300;">C&#8217;est à ce moment que ça a éclaté</span></strong>. </em>Phissey a eu de la chance : elle était à quelques mètres. Un éclat lui a frappé la main, mais elle devrait pouvoir retrouver peu à peu la mobilité de ses doigts. Pour les deux garçons par contre, les conséquences sont plus graves. Tous deux ont donc été transférés directement à un hôpital situé à Battambang, spécialisé en chirurgie.</p>
<p>Tandis que Pisith rencontrait le voisinage et la famille, c&#8217;est le collecteur d&#8217;information du CMVIS à Battambang qui a rencontré les deux garçons pour avoir leur version du drame et mieux comprendre les événements. D&#8217;une soixantaine d&#8217;année, Hen Chan a une poigne solide et de sa casquette, vissée sur la tête, sortent des cheveux poivre et sel presque crépus. Enchaînant cigarette sur cigarette, il explique avoir rencontré les deux enfants dès le 6 août, le lendemain du drame. <em>Samy souffre d&#8217;une fracture ouverte à la jambe, il a dû être amputé de deux doigts et il a de multiples blessures aux jambes et à la figure. Rhotma a pour sa part été très fortement blessé au visage. </em></p>
<p>L&#8217;expérience et les contacts des collecteurs de données du CMVIS leur permettent d&#8217;offrir un soutien aux rescapés. Un soutien nécessaire tant un accident entraîne une spirale de conséquences difficile pour les familles. Frais d&#8217;hôpitaux, moins de personnes disponibles pour effectuer le travail quotidien&#8230; Pisith et ses collègues guident donc les familles vers les services d&#8217;aide appropriés et leur offrent un kit d&#8217;urgence, essentiellement constitué de riz et de nouilles, afin qu&#8217;elles puissent subvenir à leurs besoin de base durant la période qui suit directement un accident.</p>
<p>Pisith l&#8217;avoue sans honte, c&#8217;est parfois difficile pour elle de faire ce métier qui l&#8217;amène à rencontrer régulièrement des personnes blessées et souffrantes. Comment rester insensible fasse à leur détresse ? Mais c&#8217;est aussi une des raisons qui la pousse en avant. <em>Mon travail  m&#8217;offre une double satisfaction. D&#8217;abord, mon action de sensibilisation permet de limiter les risques d&#8217;accidents et les conséquences que cela entraîne pour la victime et toute sa famille. Ensuite, la précision de mes indications permet d&#8217;orienter le travail des démineurs pour que les personnes que je rencontre puissent enfin vivre en sécurité. A chaque fois qu&#8217;une nouvelle fiche a été remplie, je peux donc me demander : <span style="color: #993300;"><strong>« Combien de vies sauvées ? »</strong></span></em></p>
<hr size="1" /><a name="_ftn1" href="#_ftnref1">[1]</a> Le CMVIS (Cambodian Mine/ERW Victim Information System) est le service géré conjointement par Handicap International et la Croix-Rouge cambodgienne. Son objectif est de rassembler, analyser et disséminer de façon continue et systématique des informations sur les accidents et victimes de mines ou d&#8217;engins non explosés. Les deux organisations sont actuellement engagées dans un processus visant à donner à la Croix-Rouge cambodgienne la capacité de gérer ce projet de façon autonome à l&#8217;horizon 2010.</p>
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<p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"><strong><span style="font-size: 14pt;" lang="FR-BE"><em></em></span></strong></p>
<p style="text-align: left;"><em> </em></p>
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		<title>Vocation: démineur</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Jan 2009 09:42:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Les démineurs de Handicap International]]></category>

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		<description><![CDATA[
Kengkeo Boulipavone occupe depuis près d&#8217;un an la fonction de Technical Survey and Clearance Operations Manager (TSCOM). A ce titre, il est le grand patron des opérations de débombage pour Handicap International. Un poste exigeant, dans lequel la moindre erreur peut être fatale&#8230; pour lui, mais aussi pour les équipes qui dépendent de ses décisions.
Kengkeo [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/uploads/2009/01/kangkeo_01.jpg" ><img src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/uploads/2009/01/kangkeo_01.jpg" alt="" width="500" height="333" /></a><p class="wp-caption-text">(c) Tim Dirven, Laos 2008</p></div>
<p>Kengkeo Boulipavone occupe depuis près d&#8217;un an la fonction de Technical Survey and Clearance Operations Manager (TSCOM). A ce titre, il est le grand patron des opérations de débombage pour Handicap International. Un poste exigeant, dans lequel la moindre erreur peut être fatale&#8230; pour lui, mais aussi pour les équipes qui dépendent de ses décisions.</p>
<p>Kengkeo se penche au-dessus du trou, examine un instant la bombe de 750 livres qui repose au fond puis se redresse. La tâche ne sera pas simple cette fois. L&#8217;engin se trouve à 500 mètres environ d’un village. Impossible de retirer le détonateur et donc de déplacer la bombe avant de la détruire. Il faudra opérer sur place, avec toutes les précautions d&#8217;usage. Les maisons risquent d&#8217;être endommagées par le souffle de l&#8217;explosion, même à cette distance et même avec les arbres qui dressent un écran protecteur. On le sent inquiet.</p>
<p><span id="more-972"></span></p>
<p>« <em>Quand je dois faire face à un problème plus délicat comme celui-ci, j’ai besoin de discuter avec d’autres personnes, d’échanger les points de vue </em>». Dans les opérations de débombage, une erreur peut se payer cher et coûter la vie à des villageois comme aux membres de l&#8217;équipe de débombage.</p>
<p>Une lourde responsabilité, mais Kengkeo a la formation, l&#8217;expérience et surtout les épaules pour l&#8217;assumer.  Il a commencé sa carrière comme démineur de niveau 1, soit le niveau le plus bas, en 1996. A cette époque, Handicap International apportait son soutien à UXO Lao, un organisme gouvernemental chargé de prendre en charge la problématique des UXOs, pour la formation des équipes de démineurs d&#8217;une part, et pour les opérations de débombage d&#8217;autre part.</p>
<p><strong><span style="color: #993300;">Cliquer sur les photos pour les agrandir</span></strong></p><div class="ngg-galleryoverview" id="ngg-gallery-36"><div id="ngg-image-270" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
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	<a id="thumb271" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/kangkeo/kangkeo_03_0.jpg"  title="" class="thickbox" rel="kangkeo" ><img title="kangkeo_03_0.jpg" alt="kangkeo_03_0.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/kangkeo/thumbs/thumbs_kangkeo_03_0.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
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	<a id="thumb272" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/kangkeo/kangkeo_02_0.jpg"  title="" class="thickbox" rel="kangkeo" ><img title="kangkeo_02_0.jpg" alt="kangkeo_02_0.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/kangkeo/thumbs/thumbs_kangkeo_02_0.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
</div>
</div>
</div>
<div class='ngg-clear'></div>
<p>« <em>A l&#8217;âge de sept ans, je suis parti vivre dans le district de Xepon. J&#8217;ai pu voir et entendre beaucoup d&#8217;explosions de bombes dans ce district. Le Laos était contaminé par les UXO (engins de guerre non explosés, ndlr), je voulais faire quelque chose pour réduire cette menace</em> ». La province de Savannakhet est l&#8217;une des zones les plus touchée par les bombardements américains lors de la guerre du Vietnam et particulièrement les districts de Xepon, Nong, Pinh et Vilabuly.</p>
<p>Kengkeo a fait partie de la première promotion de démineurs sortie du centre de formation de Nam Soua, près de Vientiane. Il a alors 27 ans. « <em>J’ai appris à identifier les différents types de bombes, comment réagir, quelles techniques utiliser, comment se servir d’un détecteur et détecter les bombes, comment les détruire : connecter le dispositif de mise à feu, utiliser le détonateur, le cordeau détonnant. Le centre formait aussi à la sensibilisation des communautés aux dangers des UXO et donnait également une formation médicale. J&#8217;ai reçu les bases pour pouvoir administrer les premiers soins en cas d&#8217;accident </em>».</p>
<p>Sitôt sorti, il retourne dans la province de Savannakhet mais dois encore attendre avant de partir en opération : « <em>Il y avait seulement dix personnes dans ma promotion, nous avons dû attendre la deuxième</em> ». Incontestablement, Kengkeo a trouvé sa vocation. Il est rapidement promu au rang de chef de section, puis à celui de superviseur. En 1999, le centre de formation de Ilai lui confie le poste de formateur. Il y restera pendant quatre ans. Puis il décide de suivre la formation qui lui permettra de devenir technicien EOD de niveau 4, soit le plus haut niveau accessible au Laos. Il retravaille dans les opérations de nettoyage, assure encore un an des formations pour le centre d&#8217;Ilai, puis, en 2006, revient dans la province de Savannakhet pour travailler avec Handicap International. Il devient alors le bras droit du conseiller technique expatrié, Yvon Le Chevanton.</p>
<p>En septembre 2007, Yvon passe le flambeau à Kengkeo. Les démineurs laotiens n&#8217;ont plus besoin de la supervision d&#8217;un expatrié, une reconnaissance de la qualité du travail accompli. « <em>En tant que responsable des opérations de nettoyage, je fais le lien entre le bureau de Xepon et celui de Vientiane. En même temps, je dois aussi être le lien avec la composante en charge de la sensibilisation aux dangers des engins de guerre non explosés (MRE). Le reste, c’est du travail de terrain, superviser et assister les équipes quand elles ont besoin d’assistance technique. J’ai des contacts quotidiens par radio, je dois vérifier que tout est en ordre. J’ai confiance dans mes équipes de démineurs, dans leurs capacités, je crois fortement aux compétences des commandants de section mais je dois vérifier sur le terrain  et m&#8217;assurer qu’ils sont efficaces. Je dois suivre de plus près l&#8217;équipe chargée du débombage de proximité, la « roving team</em> », parce que ce sont des opérations  plus sensibles techniquement. ».</p>
<p>Plus sensibles et donc plus risquées. Kengkeo et les autres membres du projet de débombage n&#8217;ignorent pas les aléas du métier. « <em>Nous travaillons à des tâches dangereuses, nous n’avons pas la possibilité d’une seconde chance, pas d’excuses. Une erreur, c’est l’accident. </em>» Il ajoute quand on lui demande s&#8217;il a peur parfois : «<em> J’ai peur oui. Mais c’est mon travail. Et j’ai toujours été extrêmement prudent. Nous devons respecter la sécurité avant tout. C’est ce que je répète à mes équipes : la sécurité en premier, ne jamais rien négliger.</em> »</p>
<p>Les yeux de Kengkeo brillent lorsqu&#8217;il parle de son travail et de ce que « ses » équipes accomplissent. Il sait que cela prendra encore quelques années avant de décontaminer totalement toutes les zones les plus dangereuses pour la population. Après, le pays vivra dans une situation comme celle qu&#8217;a connue l&#8217;Europe aux lendemains des deux Guerres Mondiales. On trouvera encore des engins de guerre non explosés, le pays aura toujours besoin d&#8217;une équipe de déminage/débombage. Mais la population vivra désormais sans craindre l&#8217;accident.</p>
<p>Et après ça, que fera-t-il? « <em>Moi?  J’aimerais étudier et améliorer mes connaissances dans le domaine des UXO. Si j’ai les compétences suffisantes, j’aimerais travailler dans d’autres pays comme expatrié</em> ». Kengkeo ajoute: « Pour le moment, je vois les besoins du Laos, de Handicap International. J’effectue ce travail pour mon pays. »</p>
<p>Voire aussi: <a href="http://www.fatalfootprint.be/fr/?p=939" >Le débombage in images</a></p>
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		<title>Le débombage en images</title>
		<link>http://www.fatalfootprint.be/fr/?p=939</link>
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		<pubDate>Mon, 19 Jan 2009 15:36:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Les démineurs de Handicap International]]></category>

		<category><![CDATA[engin non explosé]]></category>

		<category><![CDATA[explosion]]></category>

		<category><![CDATA[Laos]]></category>

		<category><![CDATA[Tim Dirven]]></category>

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		<description><![CDATA[Au Laos, Handicap International a mis en place un projet de débombage depuis 2005 dans la province de Savannakhet, l’une des plus touchées par les armes à sous-munitions. Les démineurs sont répartis dans deux équipes aux tâches bien distinctes : la « roving team », chargée du débombage de proximité, apporte une réponse à un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au Laos, Handicap International a mis en place un projet de débombage depuis 2005 dans la province de Savannakhet, l’une des plus touchées par les armes à sous-munitions. Les démineurs sont répartis dans deux équipes aux tâches bien distinctes : la « roving team », chargée du débombage de proximité, apporte une réponse à un danger précis, à un endroit clairement identifié, tandis que la « clearance team » s’occupe des opérations de débombage systématique, pour décontaminer un champ par exemple.</p>
<p>Ce jour là, le 20 septembre 2008, la roving team opère près du village de Souang Ngai. Des villageois avaient trouvé une bombe de 1000 livres dans un bois située à 200 mètres environ des habitations. Si c’est possible, on évite de faire exploser une telle bombe à proximité d’un village. Après avoir sécurisé la zone et dégagé la bombe de sa gangue de terre quelques jours auparavant, les démineurs s’apprêtent donc à déplacer la bombe jusqu’à un site de destruction où la roving team à l’habitude de faire exploser ce genre d’engin avec une sécurité maximale.</p>
<p><strong><span style="color: #993300;">Prise de son de l&#8217;explosion à 1km du site de destruction</span></strong></p>
<p><strong><span style="color: #993300;">Cliquer sur les tumbnails pour regarder les photos </span></strong><em><span style="color: #993300;"><span style="color: #333333;">- copyright Tim Dirven</span></span></em><strong><span style="color: #993300;"> </span></strong></p><div class="ngg-galleryoverview" id="ngg-gallery-35"><div id="ngg-image-269" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
	<div class="ngg-gallery-thumbnail"  >
	<a id="thumb269" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/laos-deminage/laos_ontmijning_01.jpg" title="Après avoir retiré le détonateur, l’équipe a monté le dispositif de levage avant qu’un des membres de la roving team arrime la bombe pour la remonter. 
" class="thickbox" rel="laos-deminage" ><img title="laos_ontmijning_01.jpg" alt="laos_ontmijning_01.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/laos-deminage/thumbs/thumbs_laos_ontmijning_01.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
</div>
</div>
<div id="ngg-image-268" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
	<div class="ngg-gallery-thumbnail"  >
	<a id="thumb268" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/laos-deminage/laos_ontmijning_02.jpg" title="Tandis que les uns maintiennent la bombe en l’air, les autres glissent en-dessous des rondins fraîchement coupés pour pouvoir la déposer.
" class="thickbox" rel="laos-deminage" ><img title="laos_ontmijning_02.jpg" alt="laos_ontmijning_02.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/laos-deminage/thumbs/thumbs_laos_ontmijning_02.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
</div>
</div>
<div id="ngg-image-267" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
	<div class="ngg-gallery-thumbnail"  >
	<a id="thumb267" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/laos-deminage/laos_ontmijning_03.jpg" title="Une fois encore, l’équipe se partage la tâche. Une partie fait rouler la bombe un peu plus loin, les autres déplacent le dispositif de levage pour pouvoir charger la bombe dans le véhicule. 
" class="thickbox" rel="laos-deminage" ><img title="laos_ontmijning_03.jpg" alt="laos_ontmijning_03.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/laos-deminage/thumbs/thumbs_laos_ontmijning_03.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
</div>
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<div id="ngg-image-266" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
	<div class="ngg-gallery-thumbnail"  >
	<a id="thumb266" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/laos-deminage/laos_ontmijning_04.jpg" title="Ca y est ! La bombe est hissée dans la benne du pick-up et installée sur des sacs de terre. Il faudra encore l’amener sur le site de destruction avant de la faire exploser, le lendemain.
" class="thickbox" rel="laos-deminage" ><img title="laos_ontmijning_04.jpg" alt="laos_ontmijning_04.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/laos-deminage/thumbs/thumbs_laos_ontmijning_04.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
</div>
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<div id="ngg-image-265" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
	<div class="ngg-gallery-thumbnail"  >
	<a id="thumb265" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/laos-deminage/laos_ontmijning_05.jpg" title="La bombe est arrivée sur le site de destruction, Kengkeo, le responsable du projet de débombage, a placé la charge explosive. Une fois que le périmètre de sécurité – de 1km de rayon ! – sera dégagé, on procèdera à la destruction.
" class="thickbox" rel="laos-deminage" ><img title="laos_ontmijning_05.jpg" alt="laos_ontmijning_05.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/laos-deminage/thumbs/thumbs_laos_ontmijning_05.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
</div>
</div>
<div id="ngg-image-264" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
	<div class="ngg-gallery-thumbnail"  >
	<a id="thumb264" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/laos-deminage/laos_ontmijning_06.jpg" title="Le même endroit, après destruction de la bombe. Les 1000 livres d’explosif ont creusé un énorme cratère et couché la végétation dans un rayon de 25 mètres.
" class="thickbox" rel="laos-deminage" ><img title="laos_ontmijning_06.jpg" alt="laos_ontmijning_06.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/laos-deminage/thumbs/thumbs_laos_ontmijning_06.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
</div>
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<div id="ngg-image-263" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
	<div class="ngg-gallery-thumbnail"  >
	<a id="thumb263" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/laos-deminage/laos_ontmijning_07.jpg" title="Kengkeo montre un des débris de la bombe. Cette fois-ci, la destruction était gérée, contrôlée. Mais on tremble en pensant à ce que ce genre d’engin de guerre aurait provoqué comme dégâts s’il avait explosé à proximité du village et de ses habitants !
" class="thickbox" rel="laos-deminage" ><img title="laos_ontmijning_07.jpg" alt="laos_ontmijning_07.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/laos-deminage/thumbs/thumbs_laos_ontmijning_07.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
</div>
</div>
</div>
<div class='ngg-clear'></div>
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		<title>Luis Saenz Fragua, le vendeur de chance</title>
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		<comments>http://www.fatalfootprint.be/fr/?p=927#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 08 Jan 2009 13:19:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Colombie: Les rescapés témoignent]]></category>

		<category><![CDATA[Colombie]]></category>

		<category><![CDATA[Gael Turine]]></category>

		<category><![CDATA[mine]]></category>

		<category><![CDATA[prothèse]]></category>

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		<description><![CDATA[


(c) Gael Turine/VU, Colombia 2008


Don Luis et sa femme vivent à Simiti, un village proche de San Pablo, leurs 8 enfants ont déjà quitté le nid familial. Ils vivent de la terre. Don Luis cultive en effet du yucca et du maïs sur une terre dont il est fièrement propriétaire. En mars 2002, les affrontements [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="mceTemp mceIEcenter">
<dl id="" class="wp-caption aligncenter" style="width: 505px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a class="thickbox" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/luis_01.jpg"  mce_href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/luis_01.jpg"><img class="ngg-singlepic ngg-none" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/luis_01.jpg" mce_src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/luis_01.jpg" alt="luis_01.jpg" width="495" height="330"></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">(c) Gael Turine/VU, Colombia 2008</dd>
</dl>
</div>
<p><b><font style="" color="#993300">Don Luis</font></b> et sa femme vivent à Simiti, un village proche de San Pablo, leurs 8 enfants ont déjà quitté le nid familial. Ils vivent de la terre. Don Luis cultive en effet du yucca et du maïs sur une terre dont il est fièrement propriétaire. En mars 2002, les affrontements entre la guérilla et les paramilitaires se rapprochent de leurs terres. Pragmatique, Don Luis explique «<i><font style="" color="#993300"> j’ai été caché mes outils et mon matériel à une heure à pied de la maison pour ne pas qu’un des groupes me les prenne</font></i> ».</p>
<p>Une semaine après, il décide de retourner chercher son matériel tôt le matin. Sur sa route, il pose son pied sur mine qui explose instantanément. L’enfer commence.<img src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif" mce_src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif" alt="" class="mceWPmore mceItemNoResize" title="Meer lezen..."> Il comprend tout de suite ce qu’il se passe car il sait que de nombreux paysans de la région ont déjà été victimes de ce genre d’explosion. Il comprend également qu’il a perdu son pied. Il est immobilisé, la douleur est intenable. « <i><font style="" color="#993300">J’ai commencé à crier, mais je savais que de là où j’étais personne ne pouvait m’entendre </font></i>». Pourtant, il continue car c’est son seul espoir. Persuadé qu’il va mourir car sa blessure saigne énormément, il perd connaissance. Son épouse, inquiète de ne pas le voir rentrer, part à sa recherche en fin de journée. Elle le retrouve inconscient mais garde son sang-froid et emmène son mari jusqu’au centre de santé. Les difficultés s’enchaînent, les médecins refusent de soigner Don Luis. «<i><font style="" color="#993300"> Ils n’ont même pas regardé la blessure </font></i>» dit-elle. Ils ont en effet peur des conséquences de leur implication dans le conflit. On renvoie donc directement <b><font style="" color="#993300">Don Luis</font></b> et sa femme à Bucaramanga. Il leur faudra plus de 5 heures de route pour arriver jusqu’à l’hôpital. Les médecins n’ont d’autre choix que d’amputer la jambe de <b><font style="" color="#993300">Don Luis</font></b> car la blessure s’est gangrenée.</p><div class="ngg-galleryoverview" id="ngg-gallery-34"><div id="ngg-image-261" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
	<div class="ngg-gallery-thumbnail"  >
	<a id="thumb261" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/luis_04.jpg"  title="" class="thickbox" rel="luis" ><img title="luis_04.jpg" alt="luis_04.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/thumbs/thumbs_luis_04.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
</div>
</div>
<div id="ngg-image-257" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
	<div class="ngg-gallery-thumbnail"  >
	<a id="thumb257" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/luis_06.jpg"  title="" class="thickbox" rel="luis" ><img title="luis_06.jpg" alt="luis_06.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/thumbs/thumbs_luis_06.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
</div>
</div>
<div id="ngg-image-259" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
	<div class="ngg-gallery-thumbnail"  >
	<a id="thumb259" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/luis_02.jpg"  title="" class="thickbox" rel="luis" ><img title="luis_02.jpg" alt="luis_02.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/thumbs/thumbs_luis_02.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
</div>
</div>
<div id="ngg-image-260" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
	<div class="ngg-gallery-thumbnail"  >
	<a id="thumb260" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/luis_03.jpg"  title="" class="thickbox" rel="luis" ><img title="luis_03.jpg" alt="luis_03.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/thumbs/thumbs_luis_03.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
</div>
</div>
<div id="ngg-image-258" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
	<div class="ngg-gallery-thumbnail"  >
	<a id="thumb258" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/luis_01.jpg"  title="" class="thickbox" rel="luis" ><img title="luis_01.jpg" alt="luis_01.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/thumbs/thumbs_luis_01.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
</div>
</div>
<div id="ngg-image-262" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
	<div class="ngg-gallery-thumbnail"  >
	<a id="thumb262" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/luis_05.jpg"  title="" class="thickbox" rel="luis" ><img title="luis_05.jpg" alt="luis_05.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/thumbs/thumbs_luis_05.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
</div>
</div>
</div>
<div class='ngg-clear'></div>
<p><b>Don Luis</b> réagit d’abord très mal. « <i><font style="" color="#993300">Je pensais que je ne pourrais plus jamais marcher. Comment est-ce que j’allais travailler et faire vivre ma famille ? </font></i>» Et puis, il prend patience car finalement l’important, c’est qu’il soit toujours en vie même si le chemin vers un retour à une vie autonome sera long. A sa sortie de l’hôpital, la famille ne retourne pas à Simiti. D’une part, Don Luis ne peut pas retourner travailler sur ses terres et d’autre part il ne sait pas très bien ce qui l’attend là-bas, il y a toujours la crainte des représailles. Ils s’installent donc à San Pablo. Avec la vente de leur parcelle, ils commencent à louer une petite maison. Mais cette source de revenus s’épuise rapidement et Don Luis n’a toujours pas de travail. « <i><font style="" color="#993300">J’ai commencé à mendier dans la rue pour pouvoir me payer une prothèse </font></i>» avoue-t-il sans complexe. Il n’obtient sa première prothèse que 2 ans après l’accident et doit continuer à vivre de la mendicité. Au début de l’année 2006, le couple se rend compte qu’ils n’arrivent pas à gagner suffisamment pour rester dans leur maison. Ils décident alors de s’installer sur un terrain à la périphérie de la ville et de construire eux-mêmes leur maison avec ce qu’ils trouvent, des planches en bois et des bâches en plastique. Ils vivent alors dans une extrême pauvreté.</p>
<p>Don Luis rencontre <b>Handicap International </b>en août 2006, la kinésithérapeute de l’organisation remarque immédiatement que Don Luis a urgemment besoin d’une nouvelle prothèse. <font style="" color="#993300"><b>Don Luis</b></font> est diabétique, il faut suivre de très près l’adaptation du moignon à la prothèse pour éviter les points de pression et les petites blessures qui en résultent. Handicap International lui procure donc une nouvelle prothèse ainsi que des conseils d’exercices à faire à domicile pour s’adapter à la prothèse et renforcer les muscles de sa jambe.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter">
<dl id="" class="wp-caption aligncenter" style="width: 505px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a class="thickbox" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/luis_05.jpg"  mce_href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/luis_05.jpg"><img class="ngg-singlepic ngg-center" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/luis_05.jpg" mce_src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/luis/luis_05.jpg" alt="luis_05.jpg" width="495" height="329"></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">(c) Gaël Turine</dd>
</dl>
</div>
<p>L’épouse de Don Luis avoue discrètement que la guérilla leur a aussi volé un fils. Il compte parmi les milliers de personnes qui ont disparu depuis le début du conflit colombien. Don Luis est un homme fier, il est difficile pour lui d’exprimer ses sentiments et il a toujours essayer de se débrouiller seul pour ne pas être une charge pour sa femme. Cependant, il y a des souffrances qu’on ne peut garder pour soi et le couple a beaucoup souffert de l’incapacité de Don Luis à les exprimer. Les entretiens avec les psychologues de Handicap International l’ont ainsi aidé à gérer les événements traumatisants qui ont ponctué son existence. Le couple peut maintenant commencer à se reconstruire.</p>
<p>Aujourd’hui <b><font style="" color="#993300">Don Luis</font></b> est « <b><font style="" color="#993300">vendeur de chance</font></b> ». Il vend des billets de loterie dans la rue et les cafés de San Pablo. Il se balade avec son petit sac en bandoulière toute la journée. Cela ne lui permet pas de gagner énormément d’argent et ses revenus sont loin d’être réguliers mais Don Luis et sa femme arrivent aujourd’hui à joindre les deux bouts.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Un bras et un œil perdus pour quelques sous</title>
		<link>http://www.fatalfootprint.be/fr/?p=107</link>
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		<pubDate>Wed, 07 Jan 2009 14:14:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Les rescapés témoignent]]></category>

		<category><![CDATA[Cambodge]]></category>

		<category><![CDATA[déminage]]></category>

		<category><![CDATA[engin non explosé]]></category>

		<category><![CDATA[explosion]]></category>

		<category><![CDATA[kinésithérapie]]></category>

		<category><![CDATA[prothèse]]></category>

		<category><![CDATA[revalidation]]></category>

		<category><![CDATA[témoin]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour Vit comme pour l’écrasante majorité des Cambodgiens, le travail à la rizière constitue un part importante des activités. Le 12 novembre 2006, Nhep Vit avançait donc à petits pas, pieds nus dans la vase, travaillant en compagnie de ses frères et sœurs. Mais le jeune homme de 24 ans ne sent pas très bien. J’avais un peu mal au ventre et je ne me suis donc écarté pour prendre une pause à l’ombre. C’est à ce moment que j’ai trouvé un objet en métal, un déchet de la guerre. J’étais curieux, et je l’ai donc ramené à la maison.
La maman de Vit s’est inquiétée en voyant revenir son fils. Cet objet, c’était un mortier, et qui sait si ce n’était pas dangereux ? Elle lui a donc demandé de ne pas y toucher. C’est sûr, j’aurais dû l’écouter… Mais en même temps, je me disais que ce serait dommage de l’avoir ramené pour rien. Mieux valait le vendre au passage du collecteur, et gagner ainsi un peu d’argent pour la famille !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption alignnone" style="width: 505px"><a class="thickbox" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/vit/vit_01.jpg" ><img class="ngg-singlepic ngg-center" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/vit/vit_01.jpg" alt="vit_01.jpg" width="495" height="330" /></a><p class="wp-caption-text">(c) John Vink / Magnum</p></div>
<p>Pour Vit comme pour l’écrasante majorité des Cambodgiens, le travail à la rizière constitue un part importante des activités. Le 12 novembre 2006, Nhep Vit avançait donc à petits pas, pieds nus dans la vase, travaillant en compagnie de ses frères et sœurs. Mais le jeune homme de 24 ans ne sent pas très bien. <em>&#8220;<span style="color: #993300;">J’avais un peu mal au ventre et je ne me suis donc écarté pour prendre une pause à l’ombre. C’est à ce moment que j’ai trouvé un objet en métal, un déchet de la guerre. J’étais curieux, et je l’ai donc ramené à la maison.</span></em><em>&#8220;</em><span id="more-107"></span></p>
<p>La maman de Vit s’est inquiétée en voyant revenir son fils. Cet objet, c’était un mortier, et qui sait si ce n’était pas dangereux ? Elle lui a donc demandé de ne pas y toucher. <em>&#8220;<span style="color: #993300;">C’est sûr, j’aurais dû l’écouter… Mais en même temps, je me disais que ce serait dommage de l’avoir ramené pour rien. Mieux valait le vendre au passage du collecteur, et gagner ainsi un peu d’argent pour la famille !</span>&#8220;</em></p>
<p>Au Cambodge, la récupération de déchets constitue une activité lucrative. De nombreux petits collecteurs circulent dans les villes et les villages pour collecteur des cartons, plastiques ou métaux qu’ils revendent ensuite à des déchetteries. Triées, ces matières sont ensuite revendues à plus grande échelle, souvent au-delà des frontières.</p>
<p>La présence massive d’engins non explosés suite à la guerre pousse beaucoup de petits collecteurs à se rendre en forêts, parfois munis de détecteurs bon marchés, afin d’y retrouver des vestiges d’armes, explosées ou non. Un moyen pratique pour récolter du métal et gagner ainsi un peu d’argent.</p>
<h2><span style="color: #89341b;">Loi et prévention : un duo efficace face à un commerce dangereux</span></h2>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 505px"><a class="thickbox" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/vit/vit_04.jpg" ><img class="ngg-singlepic ngg-none" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/vit/vit_04.jpg" alt="vit_04.jpg" width="495" height="330" /></a><p class="wp-caption-text">(c) John Vink / Magnum</p></div>
<p>Depuis plusieurs années, les manipulations volontaires d’engins non explosés sont responsables de la majorité des accidents au Cambodge. Des manipulations effectuées malgré une conscience claire du danger encouru, ce qui rend les messages classiques de prévention inopérant. Handicap International s’est donc attaqué au problème en développant un projet novateur dans 4 districts particulièrement touchés, au Nord-Ouest du Cambodge.</p>
<p>Le projet permet la formation des collecteurs et des propriétaires de dépôts, qui sont incités à ne plus acheter ce type d’engins. Les policiers de ces districts ont également été mieux informés de la loi qui interdit désormais le trafic d’engins non explosés, et ils ont été formés à la sensibilisation des villageois. Les résultats de cette expérience pilote sont impressionnants : il est désormais impossible de trouver dans la région des vestiges de guerre dans les dépôts, et ce changement implique une diminution marquée du nombre d’accidents. Le succès est tel que le projet sera tout prochainement étendu à de nouvelles régions du pays.</p>
<p>Toutefois, dans la province de Takéo où habite Vit, la récupération d’engins non explosés est toujours monnaie courante. Et elle l’était d’autant plus il y a trois ans, quand Vit a décidé de revendre l’engin qu’il avait trouvé. Toutefois, son plan a échoué : lors de son passage, le collecteur a refusé d’acheter à Vit son mortier. <em>&#8220;<span style="color: #993300;">Il m’a dit que l’objet était armé, et donc trop dangereux. Il voulait bien me l’acheter à son prochain passage, à condition que je l’aie d’abord rendu inoffensif. Je me suis donc attelé à cette tâche.</span>&#8220;</em><br />
Vit a tapé sur l’engin avec une hache jusqu’à la fendre. De la poudre s’en est échappé, et il a donc cru que, l’objet étant vidé, il était devenu inoffensif. Il a alors redoublé d’efforts pour casser l’objet.<br />
L’explosion a été puissante. Resté conscient, Vit a appelé à l’aide. En découvrant l’état de son bras, très abîmé et cassé, il avait déjà compris les conséquences de son geste. Lorsque les médecins et sa maman sont venu dans sa chambre pour lui annoncer que son bras droit devrait être coupé, Vit a accepté l’inéluctable. Outre son bras, Vit a aussi perdu un œil dans l’explosion.</p>
<h2><span style="color: #89341b;">Collecter les information pour éviter d’autres accidents</span></h2>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 505px"><a class="thickbox" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/vit/vit_05.jpg" ><img class="ngg-singlepic ngg-none" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/vit/vit_05.jpg" alt="vit_05.jpg" width="495" height="330" /></a><p class="wp-caption-text">(c) John Vink / Magnum</p></div>
<p>A l’hôpital, deux jours après l’accident, Vit a reçu la visite d’un inconnu. Nuaon Srean est un collecteur de données, qui travaille pour le CMVIS (Cambodian Mine/ERW Victim Information System). Cet organe co-géré par Handicap Interantional et la Croix-Rouge cambodgienne sert à collecter les informations liées aux accidents de mines et d’engins de guerre non explosés.</p>
<p>Srean couvre à lui seul une zone très étendue qui comprend quatre provinces. Rapidement mis au courant de l’accident de Vit grâce à son réseau d’informateurs, Srean a pu le rencontrer alors qu’il était encore à l’hôpital. Cette rapidité d’action est un des atouts CMVIS car les informations collectées seront utiles à tous les acteurs liés à la problématique des mines, qu’ils se chargent de déminage, de marquage, de prévention des accidents ou d’aide aux victimes. Une information fiable, complète et rapide est dès lors le gage d’une réponse appropriée qui pourra éviter de nouveaux accidents.</p>
<p>Ensemble, Srean et Vit ont parlé un moment. Srean a posé une série de questions afin de pouvoir déterminer le lieu et les circonstances de l’accident. Il a aussi aidé la famille de Vit en leur offrant des denrées utiles en cette période difficile, et en les orientant vers les structures pouvant les soutenir. Quelques semaines plus tard, Srean s’est aussi rendu sur les lieux de l’accident pour en définir l’endroit exact, interroger les témoins de l’accident et revoir Vit.</p>
<p>Trois semaines après l’accident, Vit quittait l’hôpital sans bien savoir ce qu’il allait devenir. En parallèle, des démineurs venaient nettoyer le terrain et retirer une série d’engins non explosés.</p>
<h2><span style="color: #89341b;">Reprendre le travail… et le vélo</span></h2>
<p>Bien sûr, Vit pouvait s’estimer heureux. Toujours en vie après son accident, il était à nouveau à la maison, entouré de ses proches. Mais qu’allait-il devenir ? Comment ne pas être un poids pour la famille, alors qu’avant l’accident, il leur était déjà si difficile de subvenir à leurs besoins ? <em>&#8220;<span style="color: #993300;">Quelques semaines après mon retour, le chef du village est venu me trouver, </span><span style="color: #993300;">explique Vit. Il m’a dit qu’il savait où on pourrait peut-être m’aider. Le lendemain matin, il m’a pris derrière lui, sur sa moto, et il m’a emmené à Takéo. C’est ainsi que je me suis retrouvé au centre de revalidation physique.&#8221;</span></em></p><div class="ngg-galleryoverview" id="ngg-gallery-33"><div id="ngg-image-255" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
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	<a id="thumb255" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/vit/vit_02.jpg"  title="" class="thickbox" rel="vit" ><img title="vit_02.jpg" alt="vit_02.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/vit/thumbs/thumbs_vit_02.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
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	<a id="thumb254" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/vit/vit_03.jpg"  title="" class="thickbox" rel="vit" ><img title="vit_03.jpg" alt="vit_03.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/vit/thumbs/thumbs_vit_03.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
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	<a id="thumb253" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/vit/vit_06.jpg"  title="" class="thickbox" rel="vit" ><img title="vit_06.jpg" alt="vit_06.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/vit/thumbs/thumbs_vit_06.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
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<div class='ngg-clear'></div>
<p>Dans ce centre de Handicap International, de nombreux patients se côtoient chaque jour. Tandis que des patients s’entraînent à marcher avec une prothèse, d’autres font des exercices de pouliethérapie pour renforcer leurs muscles. Dans une salle, une orthopédiste prend des mesures sur un jeune garçon pour lui confectionner une orthèse tandis qu’un peu plus loin, des kinésithérapeutes font des exercices avec des enfants atteints d’infirmité motrice cérébrale, sous le regard attentif des parents.</p>
<p>Lorsque Vit est venu au centre, il est resté durant deux semaines, bénéficiant des services des différentes professions représentées au centre. Dans un premier temps, c’est le service social qui a joué un rôle important. Des discussions ont eu lieu pour comprendre ses besoins et réfléchir avec lui à des solutions. Les objectifs de Vit étaient multiples : pouvoir travailler à nouveau pour soutenir sa famille (cueillir les légumes, transporter du riz…) mais aussi pouvoir rouler à vélo pour se rendre à la pagode et aller rencontrer des amis. Il voulait aussi avoir l’air « normal », rendre son handicap moins voyant.</p>
<p>Tandis que l’équipe de prothésistes travaillent à créer pour Vit une prothèse sur mesure, les kinésithérapeutes du centre entourent le garçon. Il faut qu’il s’habitue à ce nouveau membre si différent, qu’il en acquiert les avantages, tout en acceptant les limitations qui y sont inhérentes. Un travail important à la dimension psychologique évidente.</p>
<p>Phân Hiep est le responsable des opérations au centre de revalidation physique de Takéo. Kinésithérapeute de formation, il se souvient bien du premier passage de Vit au centre. <em>&#8220;<span style="color: #993300;">Suite à son accident, Vit a été amputé de tout le bras. Il s’agit d’une amputation difficile car elle touche la main et l’articulation du coude. Aucune prothèse ne pouvait rendre à Vit sa mobilité et sa force passée. C’est un apprentissage qui est parfois très difficile pour certains patients. Mais Vit avait une grande volonté et il s’est vite habitué à cette nouvelle condition de vie.&#8221;</span></em></p>
<p>Désormais, Vit réussit d’ailleurs à travailler presque comme avant. Assis sur une natte à côté de la maison, entouré de sa famille, il est fier d’expliquer tout ce qu’il arrive à faire.  <em>&#8220;J<span style="color: #993300;">e peux désormais effectuer toutes les tâches agricoles à part planter car pour cela, j’ai vraiment besoin de mes deux mains. Et puis bien sûr, je ne peux par porter des objets trop lourds, et je me fatigue plus vite, car la prothèse repose entièrement sur mon épaule. Par exemple, quand je coupe de l’herbe pour faire du fourrage, je remplace ma main par une petite faux. C’est très efficace, mais chaque coup entraîne un choc sur mon épaule et je dois donc m’arrêter régulièrement. Sinon, je me sens utile et on me considère comme tel et ça me rend heureux.</span>&#8220;</em></p>
<h2><span style="color: #89341b;">Le risque, toujours présent</span></h2>
<p>Aujourd’hui, la vie semble tranquille dans la famille de Vit. Chacun fait de son mieux pour que tout le monde puisse se nourrir et vivre correctement. Malgré l’impact énorme de l’explosion d’un engin non explosé sur Vit, chacun semble vivre sans y penser. Pourtant, malgré le passage des démineurs, les dangers ne sont pas totalement écartés.</p>
<p><em>&#8220;Moi, je sais où en trouver !</em>&#8221; C’est ce qu’affirme, espiègle, un frère de Vit. Finalement, deux enfants confirment qu’il y a encore des bombes à proximité. Et quand ils promettent ne jamais y avoir touché, c’est Vit lui-même qui intervient : <em>« <span style="color: #993300;">Si si, toi, tu m’as dit que tu avais tiré dessus ! </span>»</em>. Et l’enfant d’avouer qu’avec des amis, ils ont déjà joué à essayer de toucher l’un de ces objets avec leur lance-pierre. <em>&#8220;<span style="color: #993300;">Mais je ne sais pas si on a réussi à le toucher</span></em>&#8220;, précise-t-il.</p>
<p>Outre ce mortier qui se trouve sous un arbuste, au milieu du champ de la famille, des villageois nous indiquent aussi la présence d’un même type de mortier dans l’étang. Ils l’ont trouvé et jeté là. Témoin, un bâton planté dans l’eau pour préciser le lieu.</p>
<p>Srean, le collecteur d’informations du CMVIS, prend les différentes coordonnées avec son GPS. Il transmettra ces nouvelles informations aux organismes en charge de déminage dans la région en espérant que son information aura de l’effet. Il y a beaucoup de travail pour les démineurs au Cambodge. Souvent, ils ne peuvent pas se déplacer pour si peu. Faire venir des hommes, payer le déplacement… Ils ne pourront sans doute pas intervenir tout de suite pour deux bombes alors qu’il y en a tant d’autres ailleurs.</p>
<p>Désormais, Vit considère que sa vie est digne. Il peut travailler et se sent intégré dans sa famille. Pourtant, rien n’effacera jamais les conséquences terribles de son imprudence… Surtout, Vit continue à se sentir diminué dans le regard des autres. Lorsqu’il va aux fêtes, il n’est pas question pour lui de danser… <em>&#8220;<span style="color: #993300;">Que pensent les filles en me voyant ? Je ne pourrais même pas bien tenir une fille dans le dos pour danser. Non, c’est impossible…&#8221;</span></em> Ce courage, cette force de vivre en surmontant le regard des autres, c’est peut-être le plus difficile des combats pour Vit. Mais il a encore du temps devant lui et une belle force de caractère.</p>
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		<title>Le métal maudit</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Dec 2008 16:03:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Le staff de Handicap International témoigne]]></category>

		<category><![CDATA[Laos]]></category>

		<category><![CDATA[récupération du métal]]></category>

		<category><![CDATA[témoin]]></category>

		<category><![CDATA[Tim Dirven]]></category>

		<category><![CDATA[UXO]]></category>

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		<description><![CDATA[
Récupérer le métal au Laos, c&#8217;est la possibilité de grappiller quelques dollars nécessaires à la survie de la famille. Mais là-bas, ce métal, la population le trouve généralement sur les engins de guerre non explosés (UXO) qui infestent le pays depuis la fin de la guerre du Vietnam au début des années 70.
Le 22 septembre. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption alignnone" style="width: 550px"><a class="thickbox" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/scratch/04.jpg" ><img class="ngg-singlepic ngg-none" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/scratch/04.jpg" alt="04.jpg" width="540" height="360" /></a><p class="wp-caption-text">(c) Tim Dirven, Laos, 2008 </p></div>
<p>Récupérer le métal au Laos, c&#8217;est la possibilité de grappiller quelques dollars nécessaires à la survie de la famille. Mais là-bas, ce métal, la population le trouve généralement sur les engins de guerre non explosés (UXO) qui infestent le pays depuis la fin de la guerre du Vietnam au début des années 70.<span id="more-845"></span></p><div class="ngg-galleryoverview" id="ngg-gallery-31"><div id="ngg-image-249" class="ngg-gallery-thumbnail-box ">
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	<a id="thumb249" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/scratch1/03.jpg"  title="" class="thickbox" rel="scratch1" ><img title="03.jpg" alt="03.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/scratch1/thumbs/thumbs_03.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
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</div>
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	<a id="thumb248" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/scratch1/06.jpg"  title="" class="thickbox" rel="scratch1" ><img title="06.jpg" alt="06.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/scratch1/thumbs/thumbs_06.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
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	<a id="thumb247" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/scratch1/07.jpg"  title="" class="thickbox" rel="scratch1" ><img title="07.jpg" alt="07.jpg" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/scratch1/thumbs/thumbs_07.jpg" style="width:160px; height:160px;" /></a>
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</div>
</div>
<div class='ngg-clear'></div>
<p>Le 22 septembre. Nous sommes au Laos depuis une semaine déjà, <a href="http://www.fatalfootprint.be/fr/?page_id=155" >Tim Dirven</a> et moi, pour ramener en Belgique photos et témoignages sur la problématique des sous-munitions. Aujourd&#8217;hui, nous allons chez un ferrailleur à la sortie de Xepon. <strong>Handicap International</strong> a un bureau dans cette petite ville de la province de Savannakhet, qui sert de base aux équipes des projets de réduction de la menace des engins de guerre non explosés (UXOs). Dès notre arrivée, les membres de l&#8217;équipe avaient insisté sur les problèmes posés par la récupération du métal. <strong><span style="color: #993300;">Pethdavahn</span></strong>, la coordinatrice des projets d&#8217;éducation aux risques des mines, nous avait même prévenus: « <em><span style="color: #993300;">Nous irons dans des villages où vous risquez de voir des gens avec un détecteur. Si vous voulez les suivre, il faudra être prudent et si jamais ils trouvent quelque chose, vous ne pouvez pas rester. C&#8217;est trop dangereux. </span></em>» Un avertissement qui fait froid dans le dos et pourtant, c&#8217;est un danger que courent beaucoup de Laotiens dans ce district. Dans bien d&#8217;autres aussi, hélas.</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 490px"><a class="thickbox" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/scratch/01.jpg" ><img class="ngg-singlepic ngg-none" style="border: 0pt none;" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/scratch/01.jpg" alt="01.jpg" width="480" height="360" /></a><p class="wp-caption-text">Aurore Van Vooren, éditrice de Handicap International, entourée de Tim Dirven, photographe, Pethdavahn, coordinatrice des projets d&#39;éducation aux risques des mines (à dr. sur la photo), Khammon (à g.), gestionnaire du projet sécurité routière et Vithit, du projet de la réduction de la menace des engins de guerre non explosés.</p></div>
<p>En quelques jours, j&#8217;ai pu me rendre compte de la complexité du problème. Au début, on se demande pourquoi ces gens acceptent de courir le risque d&#8217;être mutilé, voire même de perdre la vie pour quelques bouts de métal. La réponse est simple, il suffit de se rendre dans les villages de la région pour comprendre : les villageois comptent parmi les plus pauvres du pays. Je peux le voir dans l&#8217;état de beaucoup de maisons, avec les nattes des murs délabrées. Je le vois lorsqu&#8217;ils m&#8217;invitent à entrer, moi la « Phalang » qui n&#8217;arrête pas de poser des questions. Souvent, le mobilier est très réduit : un petit meuble pour contenir tous les vêtements de la famille, et encore. Là-bas, le revenu moyen s&#8217;élève à un Euro par jour.</p>
<p>Mais c&#8217;est <strong><span style="color: #993300;">Son Kea</span></strong>, une dame de 55 ans, qui va en quelques mots résumer tous le problème. J&#8217;ai discuté avec elle -par interprètes interposés- après une séance de sensibilisation aux risques des engins de guerre non explosés. La session avait porté sur les comportements les plus adaptés dans certaines situations de la vie quotidienne, comme la façon de se servir de son outil par exemple. <strong><span style="color: #993300;">Son Kea</span></strong> m&#8217;a raconté son histoire, la vie pendant la guerre et puis la vie après. Je lui pose la question: « <em><span style="color: #993300;">Est-ce que vous récoltez le métal des bombes, même en sachant que c&#8217;est dangereux? </span></em>»</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 496px"><a class="thickbox" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/scratch/02.jpg" ><img class="ngg-singlepic ngg-none" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/scratch/02.jpg" alt="02.jpg" width="486" height="324" /></a><p class="wp-caption-text">(c) Tim Dirven, Laos 2008 - Son Kea à gauche sur la photo</p></div>
<p>Sa réponse est sans équivoque : «<em><span style="color: #993300;"> Non, plus maintenant, parce que je suis trop âgée, je n&#8217;ai plus la force de porter le sac. Mais si je pouvais, je le ferais encore.</span></em> »   C&#8217;est maintenant sa fille qui part récolter le métal : « <em><span style="color: #993300;">Autrement, nous n&#8217;avons pas assez de riz pour vivre. Pendant la saison des pluies, c&#8217;est mieux, il n&#8217;est pas nécessaire de collecter le métal. On trouve assez de bambous à revendre au Vietnam pour gagner de quoi nourrir la famille. Et si plus personne ne voulait nous acheter le métal, la vie deviendrait très difficile, parce que nous n&#8217;avons pas vraiment d&#8217;autre choix </span></em>». Oui, Son Kea et les siens savent que c&#8217;est dangereux. Ils ont vu assez de personnes mourir ou être mutilées après l&#8217;explosion d&#8217;une bombie comme on dit ici. Simplement, ils n&#8217;ont pas le choix.</p>
<p>L&#8217;équipe de <strong>Handicap International</strong> a pourtant vu la situation évoluer. Le message semble faire son chemin parmi la population. Bounmai et Kinoy, qui supervisent les volontaires du district de Xepon, sont positifs: « <em><span style="color: #993300;">Au début du projet, il y a deux ans, les villageois en savaient peu sur les dangers exacts des UXO. De plus en plus, quand ils trouvent quelque chose, ils nous avertissent et on déplore moins d&#8217;accidents </span></em>». Mieux : dans le district de Villabuly, depuis le que le projet est en place, les agents de <strong>Handicap International </strong>n&#8217;ont enregistré aucun accident !</p>
<p><span>Je peux constater par moi-même la différence entre les deux districts. Les routes sont en meilleur état, les gens au bord de la route donnent l&#8217;impression d&#8217;être plus prospère. Même le petit village où nous devons nous rendre semble bénéficier de l&#8217;impact positif de la mine d&#8217;or et de cuivre qui a ouvert il y a quelques années.</span></p>
<p><a class="thickbox" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/scratch/05.jpg" ><img class="ngg-singlepic ngg-left alignleft" style="margin-left: 4px; margin-right: 4px;" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/scratch/05.jpg" alt="05.jpg" width="231" height="360" /></a>Il suffirait donc de proposer une source de revenus alternative ? Oui, mais pas seulement. En dehors des actions d&#8217;organisations comme <strong>Handicap International</strong>, j&#8217;ai l&#8217;impression que rien n&#8217;est fait pour dissuader vraiment les gens de partir collecter le métal. L&#8217;achat d&#8217;un détecteur par exemple. Rien de plus simple : on en trouve au marché de Xepon. Nous avons fait l&#8217;expérience et nous en avons acheté un. En négociant un peu, nous avons obenu un détecteur de fabrication chinoise pour 150.000 kips, environ 12.5 Euro. En sachant que le kilo de métal se négocie aux alentours des 200.000 kips, le calcul est vite fait.</p>
<p>Mais nous voilà parti chez notre ferrailleur. Pethdavahn nous rappelle encore une fois les consignes de sécurité : ne rien toucher, rester sur les endroits de passage. J&#8217;avoue que je ne m&#8217;attendais pas à ce que j&#8217;allais trouver. J&#8217;imaginais que les UXOs n&#8217;étaient qu&#8217;une petite partie du métal récolté. Le ferrailleur me détrompera vite, la majeure partie de ses revenus vient de là. Déjà, un ensemble d&#8217;obus de belle taille semble attendre notre visite à proximité de l&#8217;entrée. Et j&#8217;ai l&#8217;impression que, quel que soit l&#8217;endroit où mon regard se porte, je peux voir ici un petit tas de bombies, là un mortier éventré.</p>
<p>L&#8217;équipe semble inquiète, on appelle <strong><span style="color: #993300;">Kengkeo</span></strong>, le responsable des équipes de débombage. Il examine le site, repère une sous-munition et un mortier contenant encore de l&#8217;explosif. Et un peu plus loin, une sous-munition avec des traces de phosphore blanc, une substance chimique qui cause de grave brulures. Je pense à la fillette de six ans qui se tenait à l&#8217;entrée de la maison et qui doit certainement avoir fait de la parcelle son terrain de jeu. Le ferrailleur doit certainement y penser lui aussi. Pourtant, il nous avait affirmé un peu plus tôt :  «<em><span style="color: #993300;">Lorsque les villageois viennent, je vérifie si ce qu&#8217;ils m&#8217;apportent est déjà ouvert. Si l&#8217;UXO est toujours vivant, je ne l&#8217;achète pas. </span></em>».  Finalement, lui aussi est victime de ce commerce en quelque sorte, alors que je l&#8217;imaginais en vil profiteur de la misère humaine.</p>
<div class="wp-caption alignnone" style="width: 490px"><a class="thickbox" href="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/scratch/08.jpg" ><img class="ngg-singlepic ngg-none" src="http://www.fatalfootprint.be/fr/wp-content/gallery/scratch/08.jpg" alt="08.jpg" width="480" height="320" /></a><p class="wp-caption-text">(c) Tim Dirven, Laos 2008</p></div>
<p>Un commerce rendu possible par le flou qui règne sur l&#8217;application de la loi. En principe, le commerce du métal provenant des engins de guerre non explosé est interdit. Mais l&#8217;application de la loi varie d&#8217;une province à l&#8217;autre, les autorités ferment les yeux.</p>
<p>La problématique de la récupération du métal sur des engins de guerre non explosés au Laos, on le voit, est donc très complexe. <strong>Handicap International</strong> peut apporter une partie des réponses et prévenir de nombreux accidents - et les situations de détresse qui en résultent. Mais au-delà, un pan important de la réponse doit venir d&#8217;une amélioration de la situation socio-économique et d&#8217;une réelle volonté politique de mettre fin à cette pratique, tout en offrant des alternatives à une population qui vit dans la précarité. Sans cela, les vendeurs de détecteurs bon marché auront encore de beaux jours devant eux.</p>
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