Pour Vit comme pour l’écrasante majorité des Cambodgiens, le travail à la rizière constitue un part importante des activités. Le 12 novembre 2006, Nhep Vit avançait donc à petits pas, pieds nus dans la vase, travaillant en compagnie de ses frères et sœurs. Mais le jeune homme de 24 ans ne sent pas très bien. J’avais un peu mal au ventre et je ne me suis donc écarté pour prendre une pause à l’ombre. C’est à ce moment que j’ai trouvé un objet en métal, un déchet de la guerre. J’étais curieux, et je l’ai donc ramené à la maison.
La maman de Vit s’est inquiétée en voyant revenir son fils. Cet objet, c’était un mortier, et qui sait si ce n’était pas dangereux ? Elle lui a donc demandé de ne pas y toucher. C’est sûr, j’aurais dû l’écouter… Mais en même temps, je me disais que ce serait dommage de l’avoir ramené pour rien. Mieux valait le vendre au passage du collecteur, et gagner ainsi un peu d’argent pour la famille !

« Ces terres m’appartiennent. Mais pour les cultiver, il faudrait défricher. Or, l’endroit est dangereux, truffé de sous-munitions. Plusieurs accidents ont déjà eu lieu dans le passé et tout le monde ici mesure ce danger. Ceci dit, je dois nourrir ma famille et pour cela, j’ai besoin de ces terres. L’an passé, à la fin juillet 2007, je me suis donc décidé à en défricher une parcelle… »